Passion Versus

Hexmark, qualifié français au Tekken World Tour 2025

Le Finistère au sommet du monde.

Rédigé par Vlaïr

Interview

World Tour

Tekken


Les finales du Tekken World Tour 2025 se déroule à Malmö, en Suède, du 28 janvier au 1er février 2026. En plus d'une armada de courageux au Last Chance Qualifier, la France envoie un représentant via son leaderboard régional, le joueur breton de la structure CraZy Esport, Hexmark.

Crédits photos (ci dessus et miniature) : Elliot Le Corre pour UFA

Passion Versus : Comment as-tu abordé cette année 2025 par rapport à la précédente ?

Hexmark : 2024 et 2025 c’est le jour et la nuit pour moi ! En 2024, quand sort le jeu, j’apprends que mon main, Miguel, n’est pas dans le jeu ! Donc j’ai du réapprendre le jeu depuis le début avec un nouveau personnage, Paul Phoenix, plus les nouvelles mécaniques. Mes performances ont été très irrégulières, parfois je ne passais pas les pools. Moralement, c’était impactant. Je faisais trop attention à ce qu’on pouvait attendre de moi, que ce soit la commu ou ma structure. Cela n’a pas été une bonne année compétitive pour moi, et j’étais persuadé que mon manque de résultat allait me faire perdre en crédibilité. Mais fin 2024, j’ai eu un déblocage mental, notamment en parlant avec la commu et ma structure. Ça a tout changé, et 2025 a été très différente.

PVS : Et donc, suite à ce déblocage, comment t’es tu lancé dans 2025 ? Tu voulais te qualifier ?

Hexmark : En réalité, c'était encore une année d'études sur le jeu. Là où, en 2024, je m'inquiétais des résultats que je pouvais faire, pour 2025, on m'a bien fait comprendre – sans me le dire - que le résultat, ce n'est pas ce qui comptait le plus. L’essentiel, c'est que je m’amuse sur le jeu ! Si on s'inquiète trop du résultat, sans apprécier le jeu, sans s'amuser, ça ne va pas !

PVS : Tu as appris à aimer le jeu en fait ?

Hexmark : Exactement ! Je n’ai plus prêté attention aux controverses autour du jeu. J'ai appris à aller de l'avant, avec le jeu est tel qu'il est. J'arrive maintenant à m'amuser avec. Quand je vais en tournoi, je ne pense pas au résultat, je pense plus qu’au match que je dois jouer. J’ai moins de charge mentale : si je kiffe, je suis plus performant !

PVS : Avec cette nouvelle mentalité, comment t’es tu organisé pour les tournois de 2025 ?

Hexmark : Au début, c’est la communauté qui m'a donné cette envie de me projeter sur le World Tour. Ils ont eux-mêmes vu que j'avais débloqué quelque chose mentalement, notamment quand j’ai gagné un tournoi de fin de saison 1 en mars. On m'avait encouragé à venir au premier dojo de la saison 2 en avril, le Galaxian Explosion, qui se déroule à Paris. Et je l’ai gagné ! J’ai vu que je gagnais des points, donc je suis allé au deuxième le mois suivant, que j’ai remporté aussi. C’est là que je me suis dit qu’il y avait moyen que je me qualifie.

PVS : Et donc tu t’es vraiment impliqué dans le World Tour.

Hexmark : Je suis allé à quasiment tous les Galaxian. Je travaille à côté, mais ma boite a été coopérative. Et j'ai enchaîné les victoires et les très bons placements ! J’ai aussi gagné l’Azure #2. Il n'y avait pas que les victoires qui me poussaient à faire de la compétition, c'est aussi les adversaires que j'ai affrontés toute cette année. J'ai eu l'occasion d'affronter des tops internationaux qui nous ont rendu visite à Paris.

PVS : Quand as-tu su que tu étais qualifié ?

Hexmark : Au tout dernier galaxian, en novembre. J’ai appris que mon principal rival, DougFromParis, ne pouvait pas venir. Les autres joueurs derrière ne pouvaient normalement pas me dépasser ! J’y suis allé quand même au cas où et pour l’entraînement, et pour l’anecdote, il y avait Qasim Meer et Edddyy, de très bons joueurs internationaux, que j’ai battu ! PVS : Et comment t’es tu senti à ce moment là ?

Hexmark : J’étais soulagé, j'avais une charge sur les épaules qui s'est envolée d'un coup ! Mais j’ai aussi été rattrapé par la fatigue accumulée dans l’année. Clairement, j'avais un peu sacrifié ma vie personnelle pour aller à tous les dojos. Je travaillais la semaine, puis tout de suite, le week-end, j'allais au dojo à Paris, alors que je suis brestois. Je ne me rendais juste pas compte que j'accumulais de la fatigue parce que j'étais concentré sur ce que je faisais pendant plusieurs mois. Par exemple, quand j'ai fait le Mindset fin novembre, j'étais complètement crevé. Genre, je n'avais plus d'endurance parce qu'il n'y avait pas d'enjeu pour moi. J'ai décidé de prendre du repos jusqu'au Tekken World Tour, donc je n’ai plus fait de tournoi.

PVS : Tu as quand même fait quelques gros tournois, même s’il ne comptait pas pour le leaderboard régional, comme l’EVO ou l’UFA.

Hexmark : Oui, pour des raisons de représentation pour la structure surtout. Le premier gros tournoi que j'ai fait, c'était le Mix-up. J'y suis allé pour voir ce que je pouvais faire. Je n'ai pas passé les poules, mais le tournoi était très très stack, donc je n'avais pas à rougir. Tous les joueurs étaient très forts dès le début Donc j'en ai profité pour jouer avec les meilleurs en free play, c'était plus une préparation la suite. On m’avait positionné pour commenter le top 8 avec mon collègue Super Akouma, c'était une très bonne expérience !

L'upset du tournoi, célébré comme il se doit par la communauté

PVS : Parle nous un peu de l’UFA, et de ta fameuse rencontre avec Arslan Ash.

Hexmark : Une semaine avant l'UFA, il y avait le bracket. D’habitude, je ne le regarde pas. Sauf qu’on on me dit que je croise j'ai Arslan Ash ! J'ai eu des paillettes dans les yeux. C'est un gros poisson que je veux avoir depuis le début. Je savais que c’était ce type de joueur qui vont faire péter les réseaux. Quand j'ai regardé le bracket, j'ai vu que je devais d'abord passer par un joueur européen, Tetsu. Et c'était plus lui qui me faisait peur, plus que Arslan, pour la simple et bonne raison que Tetsu et moi, on se connaît par cœur Je l’affronte depuis Tekken 7,et il est très fort. On ne sait jamais d'avance si c'est lui ou moi qui gagne. Je l'ai battu à l'UFA, mais de très, très, très, très peu. Ça s'est joué à une interaction, j'ai pop-off un tout petit peu. Quand j'ai su que je devais affronter Arslan, j'étais en mode Dark Souls. Je me suis dit, je vais l'avoir lui. Ce qu’il faut savoir, c'est que la veille du tournoi, il y a eu les phases de Team Battle et j’ai pu avoir un freeplay avec Arslan, un FT2. Moi, je prenais Paul, lui, il m'a sorti Lydia… et il m'a défoncé, j'ai rien compris ! Mais j'étais en mode prise de note. Je ne jouais pas juste avec mon idole, je voulais voir comment il joue. J’ai compris pourquoi je me suis pris 2-0, et quand je l'ai affronté le lendemain, j'ai juste appliqué ce qu'il a fait contre moi, même s’il n’a pas joué Lydia. Si on n'avait pas fait ce FT2, peut-être qu'il m'aurait défoncé dans le tournoi, impossible à dire ! Et cette célébration à la fin, c'est une célébration avec la commu française, parce que c'est plus eux qui étaient hypés que moi. J’étais vraiment hypé, on a tous envie de l'affronter un jour Arslan, c'est plus la commu qui voulait me voir l'affronter ! Et quand j'ai gagné , j'ai laissé passer toutes mes émotions, mais j'ai célébré avec eux, surtout. Ils m'ont soutenu avant même que le tournoi commence. Ils m'ont dit, « tu peux le faire, vas-y, bats-le, on sait que tu as les capacités ». C'était une victoire française, avec la commu française, et ça s'est passé à Paris !

PVS : Comment t’es tu préparé pour le World Tour ?

Hexmark : Comme je disais j’ai pris du repos, donc plus de gros tournois. Je ne regarde pas spécialement les autres joueurs, je ne veux pas me surcharger d’informations. Je travaille surtout les choses basiques, les fondamentaux, les punitions. Bien sûr je vais quand même me focaliser sur les personnages présents et que j’ai le plus de chances d’affronter et travailler les match-ups. Je n’ai pas non plus spécialement réfléchi au format : j’y vais pour gagner mes matchs et c’est tout !

PVS : As-tu des favoris et des underdogs pour le TWT ?

Hexmark : En favori, Arslan Ash et Atif sans hésiter. En underdog, Victim of ritual, joueur de Nina américain, très solide. Et Yoredz, du Koweït, un vrai spécialiste de Xiaoyu. Et Xiaoyu, on sait, ça passe en dessous, ça crée des embrouilles. Si tu n'es pas attentif, bah, tu as perdu !

PVS : Bonne chance pour le tournoi !

Hexmark : Merci, je vais faire de mon mieux !

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